06/05/2024
Récits et témoignages

Nicolas Fleury : l’équilibre d’une vie sur deux roues

Ancien champion du monde de VTT trial avec l'équipe de France, Nicolas Fleury se réinvente à travers les shows de VTT freestyle.

Champion du monde de VTT trial avec l’équipe de France en 2015, Nicolas Fleury passe à la vitesse supérieure. Dix ans après la victoire faisant sa renommée internationale, il sera présent sur le devant de la scène du Tour de France et des Jeux olympiques de Paris, en show de VTT freestyle. Parcours d'un ancien trialiste, prodige du vélo.

Tout commence dans l'effervescence de la foire comtoise, où un jeune garçon de 8 ans, les yeux brillants d'admiration, assiste à une démonstration de VTT trial, une discipline encore méconnue du grand public. Ce garçon, c'est Nicolas Fleury. Fasciné par les prouesses des trialistes, il ne quittera plus jamais son vélo. Il peut compter sur le soutien sans faille de sa famille, en particulier de son père, qui l’accompagne chaque semaine à son club de VTT trial, à 40 minutes de chez eux, près de Besançon. “Le soutien des proches est important. Ça fait la moitié du travail. L’autre moitié, c’est la détermination.” 

Franchissant ses premiers obstacles, éboulis de pierre, trottoirs et troncs d’arbre, il commence par apprendre la maniabilité. À l'image de ces parcours, la suite de la carrière de l'athlète français est tout autant semée d'embûches. Avant de devenir un athlète de haut-niveau, n’ayant pas froid aux yeux, c’est d’abord un enfant qui commence le sport avec la boule au ventre. Lors de sa première compétition, Nicolas échoue. Il n’en faut pas moins pour qu’il se relève et atteigne un niveau qui le propulse rapidement vers les compétitions nationales. Athlète trialiste britannique, Danny MacAskill l’inspire à devenir le meilleur dans la discipline. Celui qui se fascinait pour les plus grands du milieu devient alors le modèle des plus jeunes, s’asseyant désormais avec humilité aux côtés de ceux qui l’ont inspiré. 


“10 ans plus tard, je ne réalise toujours pas : j’ai un maillot de champion du monde dans mon dressing”

Durant 10 années, le trialiste bisontin enchaîne les compétitions, jonglant entre les entraînements et ses études d’ingénieur. 42 heures de cours, 25 heures de devoirs et des entraînements tous les jours : il mène une véritable course contre la montre. “J’ai charbonné. Quand je partais en compétition, c’était 100 pages de cours que je devais rattraper. Cette période m'a donné le goût du charbon.” Véritable machine de guerre, il apprend l'importance de la concentration et de la discipline pour atteindre ses objectifs. 

Travailleur, oui. Humble, il l’est également. En 2015, il atteint le sommet de sa carrière de trialiste en remportant le titre tant convoité de Champion du monde de VTT trial, avec l’équipe de France. “À ce moment-là, j’ai du mal à réaliser qu’on en reparlera des années plus tard. 10 ans plus tard, je ne réalise toujours pas : j’ai un maillot de champion du monde dans mon dressing.” Après chaque course, il cherche à repousser ses limites en se fixant de nouveaux objectifs. “C’est quoi la suite ?”
 

Se remettre en selle avec le VTT Freestyle

La pandémie mondiale apporte un tout autre tournant à sa carrière. Lorsque les compétitions se suspendent, Nicolas saisit l'opportunité de se réinventer en se lançant dans le VTT freestyle. Pour la première et dernière fois depuis la crise sanitaire, il enfourche son vélo lors d’une compétition de trial. “Aujourd’hui, les compétitions de trial ne me manquent plus du tout. J’arrive sur de nouvelles disciplines du vélo sur lesquelles je progresse rapidement, grâce aux bases que j’ai acquises pendant 20 ans.”  

Il enchaîne désormais les performances spectaculaires en multipliant les shows à travers la France, défiant les lois de la gravité. Un nouveau chapitre s'ouvre, offrant des sensations différentes, mais toujours cette même adrénaline.“Tu ne te bats pas contre les autres mais contre toi-même. En show, le public te regarde et te hurle à la mort pour te dire que ce que tu fais est fou. La sensation est folle. C’est grisant !” Devant un public de 7000 personnes lors du match de l’équipe de France de hand, il assure le show seul sur son vélo, à l'image d'une star à un concert. Lorsqu’on l’observe réaliser des figures acrobatiques, on se dit que c’est un don naturel. Et pourtant, le bisontin est un bosseur. 


Tomber pour mieux se relever

Aujourd'hui, Nicolas poursuit sa passion en créant du contenu sur les réseaux sociaux, une source de revenus de plus en plus essentielle pour de nombreux athlètes de haut niveau. Lorsque l’on sait qu’en 2015, 40% des athlètes de haut niveau vivaient en dessous du seuil de pauvreté, l’appropriation des réseaux sociaux devient presque une nécessité. “Si tu veux te lancer en tant qu’athlète, sois aussi assidu sur les réseaux sociaux que dans tes entraînements pour progresser.” Vivre de sa passion, c’est aussi apprendre à se poser des limites, pour éviter de tomber à plat. “J’ai du mal à couper, il faut trouver le juste milieu pour que ce soit viable sur le long terme. Sinon, le corps souffre et la tête aussi.”

Sa figure préférée ? Le backflip. En 2020, il l’essaye pour la première fois et se blesse gravement à la vertèbre. “En freestyle, on prend d’énormes risques. Pour arriver à un haut niveau, il faut être conscient de ces risques, les mesurer et savoir quand les prendre.” Son conseil pour ne pas se blesser : apprendre à tomber. “Je suis parfois surpris de voir à quel point mon cerveau à cet instinct de survie en adoptant des réflexes.” Nicolas préfère rester optimiste, pour ne pas "prendre de bûches". Comme une revanche, il clôture désormais tous ses shows avec le backflip. “C’est un bon pied de nez au destin.” Plus que la peur de se blesser, c’est la peur de décevoir qui le saisit lors de shows conférences réalisés auprès d'entreprises et d'écoles“Il faut réussir à faire des tricks tout en captivant son public sur le partage de sa propre expérience de vie. C’est un exercice compliqué, et en même temps passionnant.” En 2024, il sera présent sur le Tour de France et au village des Jeux olympiques de Paris, pour animer des shows autour de la thématique sur la confiance en soi


Au-delà des performances sportives, Nicolas est animé par une volonté de partager sa passion et de promouvoir le vélo comme un mode de vie sain et écologique, à travers Xperience Sport. Engagé dans des projets visant à sensibiliser les jeunes à la pratique du sport et à l'importance de la prise de risque calculée, il aspire à transmettre son héritage à la génération suivante. Nicolas Fleury est un exemple vivant de résilience, de détermination et de passion, rappelant à chacun que les plus grandes réussites naissent souvent du franchissement d’obstacles plus difficiles.

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